Liens connexes (A24W0016)
Une perte imprévue de repères visuels a probablement entraîné un écrasement d’hélicoptère mortel
À la suite de son enquête (A24W0016) sur un accident mortel d’hélicoptère survenu près de Fort Chipewyan (Alberta), le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) affirme que le fait de s’appuyer uniquement sur l’évitement des conditions météorologiques pouvant entraîner une perte de repères visuels en vol expose les pilotes d’hélicoptère et leurs passagers à des risques.
Le 12 février 2024, un hélicoptère Bell 206L exploité par Hanley Heli Service Inc. effectuait des travaux de levés aériens dans le secteur du lac Athabasca (Alberta). Pendant les levés, le pilote a été informé de la détérioration des conditions météorologiques à l’aéroport de Fort Chipewyan et s’est fait conseiller de revenir à CYPY. Lors de l’approche, le pilote a été confronté à une visibilité réduite et a fait demi-tour avant de virer vers le lac. L’hélicoptère a survolé la surface du lac recouverte de neige sous un ciel couvert et alors qu’il neigeait. Peu après, il est entré en collision avec la surface gelée du lac et le pilote, qui était le seul occupant à bord, a été mortellement blessé.
L’enquête a permis de déterminer que le pilote s’était probablement retrouvé en situation de vol par inadvertance dans des conditions météorologiques de vol aux instruments (IIMC), un contexte où le pilote perd de façon inattendue ses repères visuels, ce qui conduit souvent à une perte de maîtrise ou à un impact sans perte de contrôle. Malgré la nature imprévisible de l’IIMC, rien n’oblige les compagnies exploitant des hélicoptères commerciaux qui effectuent des opérations aériennes selon les règles de vol à vue de fournir à leurs pilotes la formation ou la technologie nécessaire pour sortir d’une telle situation. Par conséquent, de nombreux exploitants s’appuient uniquement sur la capacité du pilote à reconnaître et à éviter les conditions qui peuvent entraîner une perte de repères visuels (l’approche « éviter à tout prix »). Dans l’événement à l’étude, l’hélicoptère était équipé des instruments de vol de base; toutefois, le pilote possédait une expérience limitée et une formation minime sur la sortie d’un IIMC.
Il ne s’agit pas d’un cas isolé. De nombreux accidents d’hélicoptère sur lesquels le BST a enquêté ont été attribués à un IIMC. En 2024, à la suite de son enquête (A21C0038) sur une collision mortelle avec le relief survenue sur l’île Griffith (Nunavut), le BST a formulé quatre recommandations à Transports Canada concernant l’IIMC. Tant que l’on n’aura pas jugé qu’une attention entièrement satisfaisante a été accordée à ces recommandations, les risques pour les pilotes et les passagers persisteront, et d’autres vies seront perdues.
« Les pilotes d’hélicoptère doivent disposer des outils et de la formation nécessaires pour sortir d’un IIMC. Le fait de s’appuyer uniquement sur des manœuvres d’évitement est non pas une stratégie, mais un pari qui met des vies en danger. Le BST a formulé des recommandations à Transports Canada, mais les exploitants d’hélicoptères n’ont pas besoin d’attendre pour offrir aux pilotes la formation et les outils dont ils ont besoin pour sortir d’une telle situation », a déclaré le président du BST, Yoan Marier.
À la suite de cet événement, Hanley Heli Service Inc. a mis en œuvre plusieurs mesures de sécurité, y compris l’installation d’écrans de vol mis à niveau et la mise en place d’une plateforme améliorée d’apprentissage en ligne à l’intention de tout l’équipage de conduite.
Voir la page d’enquête pour plus d’information.
Le BST est un organisme indépendant qui mène des enquêtes sur des événements de transport aérien, ferroviaire, maritime et pipelinier. Son seul but est de promouvoir la sécurité des transports. Le Bureau n'est pas habilité à attribuer ni à déterminer les responsabilités civiles ou pénales.
Pour de plus amples renseignements :
Bureau de la sécurité des transports du Canada
Relations avec les médias
Téléphone : 819–360–4376
Courriel : medias@bst.gc.ca