Le Bureau de la sécurité des transports du Canada
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RAPPORTS > AVIATION > 1998 > A98H0003
Rapport d'enquête du SR 111
3.3 Autres faits établis
- La Gendarmerie royale du Canada n'a rien trouvé qui
prouverait qu'un explosif, un dispositif incendiaire
ou un acte criminel aient été à l'origine
de l'incendie en vol.
- L'interruption de 13 minutes dans les communications à très
haute fréquence (VHF) avait fort probablement été causée
par une erreur de sélection des fréquences
de la part des pilotes.
- Les pilotes ont pris une décision opportune
en se déroutant vers l'aéroport
international de Halifax. Compte tenu des indices
limités à leur disposition, ils
croyaient que même si un déroutement était
nécessaire, l'avion n'était pas
suffisamment menacé pour qu'ils déclarent
une situation d'urgence ou qu'ils entament une
descente d'urgence.
- L'équipage de conduite était
formé pour larguer du carburant sans restrictions
et pour poser l'avion en surcharge dans une situation
d'urgence, le cas échéant.
- À partir de n'importe quel point le
long de la trajectoire de vol de SR 111 après
que l'odeur eut été décelée
pour la première fois dans le poste de
pilotage, les conditions liées à l'incendie
dans le poste de pilotage auraient fini par empêcher
l'exécution d'une approche et d'un atterrissage
en toute sécurité à l'aéroport
international de Halifax.
- Les anomalies liées au conditionnement
de l'air ont toujours été perçues
par les organismes de réglementation,
les constructeurs, les exploitants et les pilotes
comme ne présentant pas une menace immédiate
et sérieuse à la sécurité de
l'avion qui justifierait un atterrissage immédiat.
- Les mesures prises par les membres de l'équipage
de conduite visant à préparer l'avion
pour l'atterrissage, y compris leurs décisions
relatives à la préparation de la
cabine pour l'atterrissage et au largage du carburant, étaient
en accord avec le fait qu'ils ne savaient pas
qu'un incendie à bord était en
train de se propager.
- Les contrôleurs de la circulation aérienne
n'étaient pas formés sur les caractéristiques
générales d'exploitation des avions
en cas de situations anormales ou d'urgence,
comme le largage de carburant.
- Les interactions entre les pilotes et les
contrôleurs de la circulation aérienne
n'ont eu aucun effet sur l'issue de l'accident.
- Le siège du copilote était occupé au
moment de l'impact. Il n'a pas été possible
de déterminer si le siège du pilote était
occupé au moment de l'impact.
- Les pilotes ont coupé le moteur 2 au
cours des derniers moments du vol. Il n'a pas été possible
de confirmer la raison de cet arrêt de
moteur; par contre, il est possible que les pilotes
réagissaient au fait que la poignée
coupe-feu de ce moteur et les voyants d'urgence
de l'interrupteur FUEL s'étaient allumés.
Il y avait des dommages causés par l'incendie
dans le voisinage d'un fil qui, s'il avait été court-circuité à la
masse, aurait fait s'allumer ces voyants.
- Lorsque l'avion a percuté le plan d'eau,
le gyroscope de l'indicateur d'assiette de secours
tournait toujours à haute vitesse; toutefois,
l'instrument n'était plus sous tension.
On ne sait pas si l'information affichée
au moment de l'impact était bien celle
de l'assiette de l'avion.
- La coordination entre les pilotes et l'équipage
de cabine était conforme aux procédures
de la compagnie et à la formation reçue.
Les communications entre les membres d'équipage
ne dénotaient pas une situation d'urgence
jusqu'à six minutes environ avant l'accident;
par contre, peu après le début
de la descente à Halifax, des préparatifs
rapides en vue d'un atterrissage imminent étaient
en cours.
- Aucune fumée n'a été signalée
dans la cabine par l'équipage de cabine à quelque
moment que ce soit avant que l'enregistreur de
la parole dans le poste de pilotage (CVR) cesse
de fonctionner; par contre, il est probable qu'un
peu de fumée aurait été présente
dans la cabine pendant les dernières minutes
du vol. Aucun dommage causé par la chaleur
ni aucun dépôt de suie n'ont été relevés
dans la zone des sièges passagers, ce
qui atteste que l'incendie était concentré au-dessus
du plafond de la cabine.
- Il n'a pas été possible de déterminer
si chaque siège passager était
occupé. Les masques à oxygène
des passagers étaient rangés au
moment de l'impact, ce qui est conforme à la
pratique normale en cas d'incendie en vol.
- Aucun lien technique plausible n'a été fait
entre du brouillage électromagnétique/des
champs rayonnés à haute intensité connus
et une décharge électrique menant à l'inflammation
des matières combustibles de l'avion.
- La réglementation n'exigeait pas l'enregistrement
d'images dans le poste de pilotage même
s'il est techniquement faisable de protéger
l'enregistrement en cas d'accident. La confirmation
de renseignements comme les indications des instruments
de vol, la position des dispositifs de commutation
et la détérioration des systèmes
de bord n'a pu être complète sans
ce type d'information.
- Des parties de l'enregistrement du CVR captées
par le microphone d'ambiance du poste de pilotage
ont été difficiles à déchiffrer.
Lorsque les pilotes utilisent leur micro-rail,
le déchiffrage des communications internes
du CVR dans le poste de pilotage en est considérablement
facilité; toutefois, l'utilisation des
micros-rails n'est pas exigée par la réglementation
pour toutes les phases du vol. De plus, il n'est
pas courant pour les pilotes de porter un micro-rail à l'altitude
de croisière.
- Des traces de surchauffe localisée
ont été retrouvées sur le
matériau du plafond de la cabine, autour
des plafonniers d'allées et des lampes
d'urgence. On a déterminé que ces
appareils d'éclairage installés
dans l'avion n'étaient pas à l'origine
de l'incendie; toutefois, leur conception donnait
lieu à une certaine détérioration
des matériaux par la chaleur qui était
pour la plus grande partie limitée à l'intérieur
des appareils, près des ampoules.
- Au moment de l'accident, rien n'exigeait au
sein de l'industrie de l'aviation que les anomalies
relatives au câblage soient consignées
et signalées de façon distincte
pour faciliter l'exécution d'analyses
de tendances valables permettant de cerner les
conditions dangereuses liées aux anomalies
du câblage.
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