Documents d'information

Document d'information et fiche de renseignements pour le rapport d'enquête de rail numéro R02W0063

Recommandations – Extrait du rapport d'enquête ferroviaire R02W0063 Accident à un passage à niveau et déraillement près de Firdale (Manitoba)

Mesures à prendre – Matériel didactique destiné aux conducteurs

La croix d'avertissement ferroviaire est le principal moyen de défense pour les véhicules aux passages à niveau publics sans dispositifs de signalisation automatiques. Les conducteurs font souvent l'erreur de croire que les croix d'avertissement ne servent qu'à indiquer la présence d'un passage à niveau plutôt que la possibilité qu'un train s'approche du passage à niveau ou occupe le passage à niveau. Cette perception est davantage renforcée par un grand nombre de manuels de formation en conduite automobile qui indiquent que les croix d'avertissement ferroviaires servent à signaler la présence d'un passage à niveau.

En même temps que les croix d'avertissement ferroviaires, la règle 14 du Règlement d'exploitation ferroviaire du Canada (REF) représente un moyen de défense secondaire pour avertir les usagers de la route de l'approche d'un train. Un train est en effet tenu de siffler au moins un quart de mille avant chaque passage à niveau public et de continuer à siffler jusqu'à ce qu'il occupe complètement le passage à niveau. Mais une étude de 1998 du National Transportation Safety Board (NTSB) sur l'audibilité des sifflets de train a démontré qu'un sifflet de train est pratiquement inaudible dans la cabine d'un camion lourd au-delà de 100 pieds et qu'il ne constitue pas toujours un moyen de défense efficace pour avertir les conducteurs de camions lourds de l'approche d'un train.

Puisque les croix d'avertissement ferroviaires peuvent donner lieu à une mauvaise interprétation et puisque les coups de sifflet ne représentent pas des moyens de défense efficaces pour les camions lourds, la sécurité des passages à niveau sans dispositifs de signalisation automatiques pour les camions lourds qui les empruntent passe avant tout par l'éducation et la sensibilisation des conducteurs. Aux États-Unis, une étude du NTSB a conclu que les risques associés aux passages à niveau sans dispositifs de signalisation automatiques n'étaient pas adéquatement abordés dans le matériel de formation des conducteurs. L'étude a d'ailleurs recommandé que le matériel de formation en question soit revu et qu'on y ajoute des renseignements sur les risques associés au franchissement des passages à niveau publics sans dispositifs de signalisation automatiques.

Un accroissement de la sensibilisation des conducteurs professionnels à la sécurité des passages à niveau est une étape cruciale dans la diminution du nombre d'accidents aux passages à niveau mettant en cause des camions lourds. Le BST est d'avis que l'effort visant à accroître la sensibilisation des conducteurs de camions aux dangers liés aux passages à niveau pourrait se faire dans le cadre du programme Direction 2006. Ce programme, parrainé par Transports Canada et l'Association des chemins de fer du Canada, est « . . . le fruit d'un partenariat entre tous les niveaux d'administration publique, les compagnies de chemins de fer, les organismes oeuvrant dans le domaine de la sécurité, les corps de police, les syndicats et les groupes sociaux. Elle a pour but de diminuer de 50 pour cent d'ici l'an 2006 le nombre de collisions aux passages à niveau et d'intrusions sur les emprises ». À cet égard, Direction 2006 est en excellente position pour demander à l'organisme de réglementation, aux provinces et à l'industrie du camionnage de participer à une initiative éducative visant à réduire le nombre d'accidents mettant en cause les camions et les trains. Le programme Opération Gareautrain, une initiative de sensibilisation aux dangers des passages à niveau parrainée par les compagnies ferroviaires et l'organisme de réglementation, a publié quant à lui divers documents sur la question, mais il n'est pas certain que les renseignements qu'ils contiennent bénéficient d'une très large diffusion auprès des conducteurs professionnels. Par conséquent, le Bureau recommande que :

  • Le ministère des Transports, en collaboration avec les provinces et l'industrie du camionnage, révise et mette à jour, le cas échéant, le matériel d'enseignement et de formation destiné aux conducteurs relativement aux risques associés au franchissement d'un passage à niveau public sans dispositifs de signalisation automatiques par un véhicule lourd.

R04-02

Mesures à prendre – Formation des intervenants d'urgence

Ce ne sont pas toujours les employés des compagnies ferroviaires qui sont les premiers à arriver sur les lieux d'un déraillement mettant en cause des marchandises dangereuses. En conséquence, les intervenants d'urgence locaux, à savoir le personnel des services médicaux, de police et de lutte contre l'incendie, dont un grand nombre sont des bénévoles, jouent un rôle important lors de telles interventions au Canada, particulièrement dans les collectivités rurales. Les intervenants d'urgence doivent prendre l'initiative d'évaluer la situation et d'établir un périmètre de sécurité, qui sont des étapes critiques de l'intervention, en se fiant à leurs connaissances et à leur expertise. À ce titre, il est crucial de bien connaître le matériel ferroviaire et les risques associés au transport en vrac de marchandises dangereuses.

Dans d'autres rapports d'enquête sur des accidents (R99T0256 et R01M0061), le Bureau s'est dit préoccupé par le fait que le personnel d'intervention d'urgence peut ne pas avoir la formation nécessaire pour bien connaître les risques associés aux marchandises dangereuses qui transigent par chemin de fer dans leur collectivité et s'y préparer adéquatement. Les premiers intervenants d'urgence continuent à s'exposer au danger en prenant de mauvaises décisions relativement au transport de marchandises dangereuses par chemin de fer. Le Bureau est préoccupé par le fait que le manque d'uniformité dans les critères de formation visant à maintenir le niveau de compétence des intervenants d'urgence, plus particulièrement en cas d'accident ferroviaire mettant en cause des marchandises dangereuses, augmente le risque que des conséquences néfastes se produisent au cours d'une intervention. Par conséquent, le Bureau recommande que :

  • Le ministère des Transports, en collaboration avec d'autres organismes fédéraux, provinciaux et municipaux, mette en oeuvre des critères de formation uniformes qui pourront garantir que les premiers intervenants d'urgence continuent d'avoir les compétences nécessaires pour intervenir en cas d'accidents ferroviaires mettant en cause des marchandises dangereuses.

R04-03

Le rapport final numéro R02W0063 est aussi disponible sur ce site.