Discours

Liste de surveillance 2012 — Mot d'ouverture

Wendy Tadros, présidente
Bureau de la sécurité des transports
Ottawa (Ontario)
le 14 juin 2012

Présentation en format PowerPoint  

Le texte prononcé fait foi.

Bon après-midi et merci de votre présence.

Aujourd'hui, je souhaite vous parler du progrès, des méthodes que vous avons adoptées pour y parvenir et des mesures que tous les employés du Bureau de la sécurité des transports comptent prendre pour l'assurer.

Il y a deux ans, le BST a lancé sa première Liste de surveillance. Cette Liste de surveillance énumérait les problèmes de sécurité qui posaient les plus grands risques pour le système de transport canadien et est devenue un plan directeur pour le progrès. Elle contenait nos priorités, des priorités fondées sur deux décennies d'expérience, sur des centaines d'enquêtes sur des accidents de transport, sur des dizaines de milliers d'heures de recherche ainsi que sur 41 recommandations du Bureau ciblées.

Eh bien, Transports Canada et l'industrie du transport nous ont entendus et ont agi ensemble. Aujourd'hui, plus du tiers des 41 recommandations publiées dans notre Liste de surveillance ont été jugées « entièrement satisfaisantes », soit la cote la plus élevée du Bureau.

En fait, compte tenu du long chemin que vous avons parcouru, nous devions faire le point et établir notre prochain objectif. Nous annonçons donc aujourd'hui une nouvelle version de la Liste de surveillance. Certains éléments ont été retirés de cette nouvelle liste, mais elle comprend des mises à jour, et plusieurs nouveaux défis que nous devrons relever.

Le BST a le mandat clair de promouvoir la sécurité du transport. Il ne s'agit pas seulement de publier des rapports, mais bien de prendre des mesures afin que la sécurité progresse. C'est pourquoi, au cours de la préparation de cette nouvelle Liste de surveillance, nous nous sommes posé deux grandes questions : premièrement, dans les cas où des améliorations ont été obtenues, est-ce que les progrès sont suffisants — c'est-à-dire est-ce que le risque a été éliminé ou au moins réduit considérablement? Et ensuite, existe-t-il de nouveaux risques qui requièrent notre attention?

Par exemple :
Les chemins de fer canadiens qui transportent des marchandises ont réduit les forces en train dangereuses qui peuvent déstabiliser les trains modernes, de plus en plus longs et lourds. Ils ont pris des mesures, notamment la traction répartie, des lignes directrices sur le classement et la manutention des wagons et de nouveaux programmes informatiques, qui font en sorte que les chemins de fer canadiens sont plus sécuritaires qu'il y a deux ans.

Ensuite, Transports Canada et l'industrie des traversiers ont mis des mesures positives en place pour garantir que les équipages seront mieux préparés à réagir aux urgences. De nouveaux règlements permettront d'améliorer le comptage des passagers et obligeront les équipages à mener des exercices d'urgence plus réalistes.

Je suis heureuse de pouvoir annoncer que dans ces deux cas les progrès ont été assez importants pour que nous retirions les recommandations pertinentes de notre Liste de surveillance.

Et ce n'est pas tout : au cours des deux dernières années, nous avons aussi observé des progrès dans la mise en place de systèmes de gestion de la sécurité chez les transporteurs ferroviaires, de même que certains changements positifs dans l'utilisation des enregistreurs de données dans les secteurs du transport maritime, ferroviaire et aérien.

Est-ce que notre travail est terminé? Non. Comme je vous l'ai dit, le mandat du BST est de promouvoir la sécurité du transport. Et comme le secteur du transport est en constante évolution, les risques évoluent au même rythme. Laissez-moi vous parler de deux nouvelles préoccupations pour la sécurité qui sont devenues assez importantes pour être inscrites sur notre Liste de surveillance.

Il y a quelques mois, un train de Via Rail a déraillé à l'extérieur de Burlington, en Ontario, tuant trois personnes et en blessant des douzaines. Grâce à l'enregistreur de données installé à bord, nos enquêteurs ont immédiatement été en mesure de reconstituer certains des événements. Toutefois, les règlements n'exigent pas l'installation d'enregistreurs de conversations ou vidéo des communications entre les membres de l'équipe dans la cabine alors que ces appareils sont essentiels. Les renseignements fournis par ces appareils sont des plus précieux et permettraient aux enquêteurs du BST de comprendre les événements ainsi que le contexte dans lequel les décisions ont été prises.

Voilà pourquoi nous avons ajouté une proposition à cet effet sur notre Liste de surveillance. La bonne nouvelle est que la technologie existe déjà — elle est par exemple utilisée dans les postes de pilotage des avions depuis plusieurs décennies et certains secteurs de l'industrie maritime étudient la possibilité d'installer des enregistreurs vidéo pour compléter les enregistrements vocaux qu'ils utilisent déjà. Nous souhaitons que l'industrie ferroviaire garantisse, pour la sécurité de tous, des passagers et des équipes, que ces données soient enregistrées.

Le second nouveau point sur notre Liste de surveillance vise la signalisation sur les réseaux de chemin de fer. La dure réalité nous a montré que, si un problème de sécurité persistant n'est pas résolu, un autre accident se produira. Depuis 2002, il y a en moyenne 11 incidents par année causés par la mauvaise lecture ou interprétation des indications des signaux ou par une identification tardive. Il s'agit d'une situation troublante qui représente un risque important pour le grand public lorsqu'elle est la cause de déraillements ou de collisions. C'est pourquoi nous recommandons que des mesures de sécurité additionnelles soient mises en place afin de garantir que les indications des signaux soient bien comprises et respectées par les membres des équipes de locomotives.

Malheureusement, le chemin du progrès est parfois sinueux, et notre nouvelle Liste de surveillance comprend aussi des situations qui n'ont connu aucune amélioration, ou très peu, depuis 2010. Les accidents à l'atterrissage des avions, les dépassements de pistes et les trains de voyageurs qui entrent encore en collision avec des véhicules dans nos corridors ferroviaires achalandés en sont des exemples. Ces cas et bon nombre d'autres problèmes demeurent sur notre Liste de surveillance puisque nous avons encore beaucoup à faire pour les résoudre.

Nous demandons des gestes concrets; ils sont essentiels. Nous voulons des efforts concertés — plus d'efforts concertés — de Transports Canada et des industries du transport maritime, ferroviaire et aérien, car en définitive ce sont eux qui ont le pouvoir de faire une vraie différence. Le BST les invite donc à prendre des mesures immédiates pour régler les problèmes de sécurité nouveaux et récurrents.

Nous ne ménagerons pas les félicitations. Lorsque des progrès seront faits, le BST le dira. De même, si les mesures adoptées sont insuffisantes, nous le dirons aussi.

Je tiens à souligner que je sais que ce ne sera pas facile. Les changements significatifs le sont rarement. Mais tant que des progrès ne seront pas réalisés pour empêcher les avions de heurter le sol ou l'eau ou tant que la sécurité des bateaux de pêche ainsi que des femmes et des hommes qui gagnent leur vie en mer ne sera pas augmentée… ou tant que les enquêteurs n'auront pas accès à des enregistrements vocaux et vidéo, le Bureau de la sécurité des transports continuera à exiger des règlements plus adaptés, de meilleures mesures de sécurité préventives et des moyens de protection additionnels. Les Canadiens et Canadiennes méritent le système de transport le plus sécuritaire du monde, sur l'eau, sur les rails et dans le ciel ainsi qu'au niveau du réseau de pipelines.

Merci. Je vais maintenant répondre à des questions.